La disposition BÉPO vaut-elle toujours le coup ?

(TL;DR) Mon enthousiasme pour la disposition BÉPO, après près de 4 ans, a faibli. J’essaie aujourd’hui de trouver du sens à mon sentiment, afin d’évaluer si, oui ou non, il est une bonne décision de continuer à l’utiliser. Du coup j’essaie des alternatives.

J’utilise toujours et encore la disposition BÉPO. J’y suis habitué, conditionné, et ne saurais même pas comment m’en passer de manière générale. À tel point que je songe à me forcer à repasser en AZERTY de manière occasionnelle, juste histoire de ne pas passer pour un ermite lorsque je dois me débrouiller avec un ordinateur qui n’est pas le mien.

Alors pourquoi un titre pareil ?

Parce qu’aujourd’hui, ma perception de la disposition BÉPO a changé. Il y a un an encore, je passais mon temps à la recommander, à n’en dire que du bien, et à secrètement rêver qu’un jour elle devienne beaucoup plus populaire qu’aujourd’hui. Aujourd’hui, je m’en sers parce que j’y suis habitué et parce que les habitudes nous paraissent toujours si sacrées. Et il ne me semble plus forcément qu’elle soit aussi indispensable que j’aie pu le penser.

Du coup, il me faudrait dans l’idéal un bout de texte pour peser le pour et le contre et savoir où j’en suis (ce billet). Et plus spécifiquement, pour donner une idée de mon expérience après quatre ans d’utilisation de la disposition.


Ce qui me fait garder BÉPO.

(TL;DR) BÉPO me convient toujours car elle est ce qu’elle a toujours été, une disposition ergonomique et conçue pour une meilleure saisie du français. Et en plus de cela, j’y suis aujourd’hui plus qu’habitué.

J’ai passé des semaines entières, des mois entiers, à assimiler BÉPO. Et même si je l’ai fait de la manière la plus radicale qui soit (sans autocollants, sans cheat sheet, sans clavier), elle me parait aujourd’hui tout à fait naturelle. Et ça, c’est un effet absolument voulu. BÉPO est conçue pour être fluide, ergonomique, et agréable — et c’est pour cette raison qu’elle est si radicale et si différente. Elle repose le mouvement de mes mains et de mes doigts, et me permet en même temps de maintenir une vitesse de frappe plutôt élevée, avec la sensation d’une vitesse de croisière. Choisir une autre disposition serait renoncer à ça. Et je doute pour l’instant pouvoir trouver une expérience équivalente.

Le pouvoir de l’habitude joue un grand rôle. Et c’est la même raison qui explique pourquoi d’aussi nombreuses personnes qui entendent parler de BÉPO restent malgré tout avec leur disposition traditionnelle : ils y sont habitués, et finalement, cela vaut mieux que de tout bouleverser pour des avantages qui ne semblent pas bien concrets a priori.

Enfin et surtout, BÉPO représente pour moi la meilleure expérience disponible pour écrire en français, juste après le bon vieux stylo. Elle rend les diacritiques et les ponctuations accessibles, là où AZERTY ne permet parfois simplement pas de les écrire (je pense à « et » par exemple).

Ce qui me fait regretter BÉPO.

(TL;DR) BÉPO ne me satisfait plus dans diverses petites situations du quotidien. Toutes ces situations (ou presque) relèvent du fait que BÉPO soit une disposition exotique et radicalement différente. Les petits tracas que cela engendre s’accumulent et peuvent malheureusement agacer.

Je l’évoque à plusieurs reprises déjà : apprendre et assimiler BÉPO m’a demandé un certain effort, et du temps. Ça, c’est parce que BÉPO est radicalement différente des disposition de clavier classiques. Cette différence, si elle est nécessaire pour accomplir l’idéal ergonomique qui fait partie de ses objectifs, est un défaut. Car non seulement de complexifier l’adoption, cela complexifie l’interopérabilité.
Oui, BÉPO est facilement utilisable/installable sur la plupart des plateformes. Sauf que, parce qu’elle n’est malheureusement pas standard, elle vient à poser des soucis simples.

L’exemple le plus parlant : il faut toujours reconfigurer ses contrôles, partout, tout le temps. Cela sonne peut-être un peu comme de la paresse, mais il y a des facteurs agaçants qui s’ajoutent au lot. Je pense au fait que pour 2 jeux vidéos sur 3, reconfigurer Z Q S D sur l’équivalent BÉPO É A U I est une horreur absolue, car le caractère spéciale É n’a jamais été envisagé par quelconque développeur de jeux vidéos. Je pense aussi à des programmes, comme vim, qui reposent sur un très grand nombre de raccourcis clavier qu’il faut un à un repenser.

Dans un registre encore un peu plus pratique, que je mentionne rapidement au début de ce billet, il y a cette situation qui survient de manière récurrente dans laquelle je dois faire avec un ordinateur ou un appareil qui n’est pas le mien. Là, il faut utiliser de l’AZERTY. Car non, je n’ai pas toujours une clef USB BÉPO sur moi. Et dans ces multiples cas où l’AZERTY est nécessaire, c’est un peu la panique à bord. Je n’y suis plus habitué, je m’y perds, je cherche les touches, … BÉPO est si différente que l’apprendre m’aura complètement dépaysé et fait oublier ce que la majorité des gens utilise.

Tout cela, c’est sûr, j’aurais dû m’y attendre en adoptant une disposition peu répandue et qui n’est pas reconnue comme un standard.


Et maintenant ?

Si la décision de revenir à une disposition de clavier standard, utilisée et surtout pensée par tous, me titille, j’ai le réflexe de la renvoyer aussitôt contre un mur.
Ceci pour deux raisons intimement liées : (1) revenir à une disposition de type AZERTY serait un pas en arrière au niveau ergonomique et pour l’écriture du français ; (2) les alternatives manquent.

En fait, je pense que j’aimerais bien essayer une version un poil modifiée du QWERTY/AZERTY connu de tous, qui serait alors adaptée au français.

Oh wait.

kazé nous a pondu Qwerty-Lafayette, une adaptation du Qwerty-US pour les francophones. Certes ce serait un pas en arrière niveau fluidité et ergonomie, mais ce serait un retour vers un standard pour se faciliter un poil la vie. Rien ne coûte d’essayer.

J’appelle aux avis et aux conseils. J’avoue ne pas cesser d’y réfléchir (Bon ce n’est pas bien grave non plus, hin).

Niléane