Au Fil du retour #4 : le blanc des entrées.

(…)

Le moment est venu, mon ami. Le moment où je me replonge dans ma petite histoire… mon arrivée ici, couronnée d’un merveilleux bien-être, me permet à l’heure, toujours et encore, d’incarner le désir profond que celui de me détendre.

Au lendemain de ce jeu auquel je jouais sur ce Fil, inversant toutes couleurs et sens, de ce dialogue avec Papa, de ce voyage, j’apercevais un mont. Il rayonnait sur l’implicite horizon d’un cosmos, qui ne changeait plus tant je m’y étais accoutumé. Il rayonnait et émettait des pulsations de lumière. Et à mesure que je m’en approchais, il éblouissait encore davantage.
Une fois plus proche encore, j’apercevais un monde immense, se dessinant sur sa surface, tout comme le nôtre se dessinait sur la surface de la planète Terre. Une civilisation vit là. Ces paysages… des nuances de couleurs, de textures, elles se marient et se confrontent dans un art secret et libre. Le survol ralentissait : j’arriverais bientôt. Ce cercle de colonnes blanches semblait être mon lieu d’arrivée.

« Octepo, douzième porte. », lisai-je intuitivement. Je vous l’ai dit, ce nom m’est venu, tout comme un nom est venu à chaque Octepoyen. Lire ce panneau était un secret magique, dont chacun de nous a le pouvoir de partage, mais aussi le mystère. Un comptoir. M’y avançant, contemplant, il me vient à l’esprit l’image de ces colonnades qui m’entouraient, et qui, par toute divinité, ne touchaient pas le sol. Au comptoir, derrière lequel est assise une femme satinée et sereine, j’ose la parole :

« Bonjour…
— Bonjour !
— La… suite… ?
— Par ici, bon séjour. »

La satinée pointa une ouverture particulièrement lumineuse au sein de deux des colonnes flottantes — d’ailleurs mieux garnies que les autres.
Je m’y exécutai et pris la peine de retirer mes chaussu… Bon sang, sur quoi marchais-je depuis tout ce temps ? Sous mes pieds… un blanc profond. Un blanc qui n’a rien d’aveuglant.

Je passe l’ouverture. Voici Octepo.

Niléane