Recroquevillé au milieu de pensées.

Il me prend l’envie de raconter cette scène qui arriva hier, au méridien de la journée. Deux de mes amis ont la pensée sûre et vivace. Ils sont littéralement à des points bien opposés.
J’arrivai au milieu de leur débat féroce et déterminé, et me mis à les écouter par intérêt certain. Ils étaient rapides, ils allaient vite, très vite. C’était là un échange de balle qui s’éternisait ; et, à la manière d’une manche exceptionnelle d’un jeu de tennis, la balle allait et revenait sous d’implicites acclamations de surprise des spectateurs. Quant à mon esprit au sein de cela ? Épuisé, lent, à ce moment.

Je m’assois. Relève mes genoux au niveau de mon menton. Engouffre mon visage au sein de mes jambes. Respire. Ils sont toujours là, très rapides.

Je me balance sur le flanc. M’étale sur le sol à leurs côtés. Leurs idées s’agitent toujours là, très rapides.

Je précipite chacune de mes mains sur mes oreilles. Presse de toutes mes forces. La douleur qui s’en dégage n’est pas importante. Ne souhaite entendre qu’une unique chose. Mais ils sont toujours là, trop rapides. Cette pression sur mon ouïe s’entrainait elle-même, davantage qu’au gré de ma seule volonté.

… Le temps d’un instant paru éternel, j’ai su ne me restreindre qu’à lui, finalement. Mon souffle.
Le plus merveilleux des reculs m’a semblé si douloureux tout d’abord, si paisible enfin.

Niléane