Au Fil du retour #3 : la Musique d'Octepo.

(…) La maléabilité du Temps. La destination était dans le Futur. J’ai désiré de ce dernier qu’il soit de mon passé, accompli. Temps manié.

Jusque là assez étoilé, mystique, et magique comme cadre. Mais voilà précisément les trois mots que j’utiliserais pour caractériser le reste de mon histoire. Étoiles. Mystique. Magie.

En attendant… Laissons-nous porter vers un moment absolument récent, vécu aujourd’hier. Me suis rendu là où tout sonnait majestueux. Et qui dit majestueux en ce lieu, dit musique. Et qui Musique Majestueuse, dit Octepo.
Octepo est le nom de ce monde. Ou du moins, le nom que je lui donne. Par la diversité naturelle des langues qui règne merveilleusement par ici, il serait à vrai dire quelque peu impossible d’établir un nom universel. Octepo est le mien… et dois être honnête et admettre que j’adorerais en expliquer le choix… plus tard. Pour l’instant, sonnons majestueusement.

Le lieu est d’un blanc originel. Autrement dit, ce que le blanc s’avère être : la multitude entière des couleurs. Le blanc qui étincelle sobrement de ses mille lueurs. Jón m’avait invité. J’étais appelé « le nouvel invité », moi qui venais d’arriver. Sans doute souhaitait-il me faire découvrir leur rêve.

Vous auriez vu cet endroit… Le Théâtre. Là où l’on jouait la musique lorsqu’elle atteignait son niveau le plus grandiose. Qui juge donc de cela ? Les concepteurs eux-même de la musique. Le moindre Octepoyen ayant composé une mélodie était invité à venir la partager, dès qu’il osait se juger grandiose.
Le Théâtre est un dôme immatériel… formé par la foule elle-même ; car s’il est un point en cet Univers où la gravité n’était qu’une commodité exercée avec peine, c’était là, au Théâtre octepoyen. Ainsi… la foule de spectateurs formait un dôme autour de la scène, ma pensée en vint à me sonner de ne plus croire ma vue, c’était insensé. Insensé. Jón nous a choisi sa position préférée : au sommet du dôme, il y estimait la meilleure acoustique, et la vue la plus douce. Et quelle vue donc ! Il donnait l’air de dormir tout aussi longuement que la musique filait.

« Je la respecte. Je la respecte en lui sacrifiant tous mes sens étrangers… Essaie donc. Ne sens plus rien, si ce n’est la musique d’Octepo. Rare et précieuse. »

Niléane